31 janvier 2007
La tour Eiffel s'éteindra 5 minutes
Quel symbole ! La tour Eiffel, monument payant le plus visité au monde, participera ce jeudi 1er février à l'opération citoyenne "Cinq minutes pour la planète" en éteignant entre 19h55 et 20h00, les milliers d'ampoules qui l'illuminent. Bravo !
(lire l'article sur Yahoo! France)
Nicolas Hulot teste 10 candidats à la présidence
Nicolas Hulot, qui a finalement annoncé qu'il se retirait de la course à l'Elysée, fait passer aujourd'hui un oral de contrôle à 10 des candidats à la présidence française. Devant 50 "grands témoins" signataires du pacte écologique tirés au sort et les représentants d'ONG environnementales, tous condamnés au mutisme, les candidats disposent chacun de 15 minutes pour détailler leur profession de foi sur la sauvegarde de l'environnement et pour argumenter leur engagement.
A suivre...
(source Yahoo! France)
Vélorution de janvier
La vélorution de janvier s'est tenue à Montréal vendredi 26 par -19°C au thermomètre, correspondant à un joli -29°C en température ressentie. 25 vélorutionnaires étaient tout de même fidèles au poste avec la ferme intention de ne pas manquer le rendez-vous du salon de l'auto qui se tenait au Palais des Congrès de Montréal pendant 10 jours autour de cette date.
Nous avons donc pris la direction du Palais des Congrès afin d'informer les visiteurs du salon (renommé "salon de l'auto-destruction", j'ai adoré !) sur les dangers liés à l'utilisation abusive des autos et sur la possibilité de vivre sans voiture en milieu urbain. Il nous a été possible de traverser tout le hall, vélo sous le bras, en distribuant quelques tracts et en chantonnant quelques slogans, sous la conduite bienveillante des agents de sécurité qui nous ont tout tranquillement redirigés vers la sortie, sans empressement.
Après avoir réalisé par deux fois le tour du Palais des Congrès sur les belles avenues bien larges qu'on peut trouver à cet endroit (rue St-Antoine et rue Viger) et constaté encore une fois que la bagnole s'accaparait là comme ailleurs la quasi-totalité des espaces publics, nous avons occupé pendant une demie-heure l'espace situé devant l'entrée du Palais des Congrès (distribution de tracts et quelques pas de danse pour nous réchauffer), nous nous sommes mis en route pour un circuit d'une bonne demie-heure en ville, sur le boulevard St-Laurent puis l'avenue Mont-Royal jusque Papineau où nous nous sommes dispersés.
Pas d'incident. Pas d'encadrement policier, ni d'intimidation ou de répression. Juste un chauffeur de taxi un peu énervé, mais à la lumière suivante son client semblait plutôt ironique en criant qu'il (et les autres automobilistes) étaient "des capitalistes pressés" et en nous demandant de bien vouloir leur libérer la route. On a bien ri. Il me semble que les passants se sont montrés encore plus attentifs et réceptifs à notre message, certainement que par -30°C la question de savoir si on est réellement des cyclo-convaincus ne se pose même plus !

Prochaine édition de la vélorution à Montréal : le vendredi 23 février à 17h30 (carré Phillips, angle Ste-Cath./Union).
Les conservateurs et l'environnement
(deux infos en vrac pour se faire une idée de la façon dont le gouvernement actuel du Canada gère la question environnementale...)
1) La commission environnementale de l’ALENA (alliance de libre-échange nord-américaine) reproche cette semaine au Canada de ne pas avoir dévoilé deux rapports sur la présumée incapacité du pays à faire respecter ses propres lois environnementales. Le ministre fédéral de l’Environnement John Baird nie évidemment toute intention de cacher ces rapports. Les rapports en question portent sur une plainte contre l’industrie forestière ontarienne, accusée de détruire 45.000 nids d’oiseau chaque année sans tenir compte de la convention concernant les oiseaux migrateurs et sur les émissions d’effluents toxiques par les usines canadiennes de pâte à papier en dérogation de la loi sur les pêches.
2) Les circonstances obscures du départ de la commissaire à l’environnement laissent supposer une mise à pied en réponse à ses positions trop tranchées. Le plus récent rapport de Johanne Gélinas avait fait beaucoup de vagues à l'automne dernier, elle y pressait le gouvernement d’agir rapidement pour s’attaquer aux changements climatiques.
Je pense, et une grande partie de l'opinion publique au Canada (et au Québec inclusivement) pense, que l'inaction du gouvernement fédéral actuel en matière d'environnement ne reflète pas l'intérêt des citoyens pour cette question. Pour rappel, lors de la conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Nairobi en novembre 2006, les groupes environnementaux avaient rejoint les députés de l'opposition et le ministre de l'Environnement du Québec pour montrer au monde que les Canadiens et les Québécois s'opposaient au gouvernement fédéral de Stephen Harper sur la question du changement climatique. C'est là que le fossé a véritablement commencé à se creuser entre les conservateurs au pouvoir et la population. En effet, au palmarès des enjeux les plus importants, les Canadiens accordent une belle deuxième place à l'environnement, juste après la santé. Si le remaniement ministériel de ce mois de janvier a parachuté la ministre de l'Environnement Rona Ambrose aux Affaires intergouvernementales, cela n'a pas changé la vision du gouvernement en matière d'environnement puisque John Baird qui la remplace n'a amorcé aucun virage dans la conduite des affaires, tout en prenant soin de faire quelques annonces médiatiques visant à culpabiliser M. & Mme Tout-le-Monde au sujet de l'utilisation de l'auto ou du chauffage et à leur demander de réduire leurs émissions de CO2 personnelles avant de demander des efforts à l'industrie !
Un biocarburant à base d'huile d'algues
Le Programme "Shamash" est un projet français, démarré en décembre 2006, et qui a pour objectif de produire un biocarburant à partir de microalgues autotrophes. Ces microorganismes peuvent accumuler jusqu'à 50% de leur poids sec en acides gras, permettant d’envisager des rendements à l'hectare supérieurs d'un facteur 30 aux espèces oléagineuses terrestres. Le projet Shamash intègre des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l'utilisation de microalgues, des spécialistes de l’optimisation des procédés biotechnologiques ainsi que des spécialistes des biocarburants et de l’extraction et de la purification de lipides.
Shamash regroupe 8 équipes et entreprises françaises pour un budget total de 2.8 Millions d'euros. Le Programme National de Recherche sur les Bioénergies (PNRB) de l'ANR finance 0.8 Millions d'euros. Le projet est coordonné par O. Bernard (INRIA Sophia-Antipolis).
Pour plus d'informations, visitez le site du programme Shamash
30 janvier 2007
1er février : 5 minutes de répit pour la planète... (suite)
Greguy a déjà publié un billet sur ce sujet : plusieurs associations environnementales françaises mobilisent les citoyens pour lancer une grande action de responsabilisation sur le thème du gaspillage de l'énergie et du réchauffement climatique et par là même adresser un signal fort à nos décideurs politiques. De nombreux pays semblent organiser une opération similaire le même jour.
Au Québec, le parti vert du Québec propose de se joindre au mouvement et précise à cette occasion que "le Québec est un des endroits du monde où la consommation d'électricité par habitant est la plus élevée". Pour rappel, nous sommes tous invités à suspendre toute consommation électrique entre 19h55 et 20h00 ce jeudi 1er février 2007, veille de l'ouverture de la conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale dont je vous présenterai les grandes lignes dans un prochain billet. Il ne s'agit pas de faire une économie d'électricité ou de diminuer les émissions de CO2 pendant ces 5 petites minutes mais de démontrer aux politiciens et aux compagnies que les citoyens du monde savent se montrer solidaires pour cette grande cause, se sentent préoccupées par la problématique environnementale et sont prêts à agir pour peu que leurs dirigeants leur en donnent les moyens.
SVP participez et incitez vos famille, amis, collègues et voisins à vous rejoindre !
Remarque : l'opération est programmée à 19h55 heure de Paris pour la France et aussi à 19h55 heure de l'est pour le Québec, soit six heures plus tard en tenant compte du décalage horaire.
Il n'est pas trop tard
Des militants de l'organisation Greenpeace ont déployé des banderoles sur la tour Eiffel à Paris afin d'alerter l'opinion publique sur l'urgente nécessité de limiter l'ampleur des changements climatiques : la première représente un thermomètre indiquant l'absolue nécessité de maintenir l'augmentation moyenne mondiale des températures en dessous de 2°C et la seconde porte le message "it's not too late" (sic), nouveau slogan de l'assocation pour ses campagnes à ce sujet. (source France Matin)
Des élections écologiques ?
Un décret paru au Journal Officiel la semaine dernière prévoit, pour la première fois, que seul le matériel électoral fabriqué avec du papier respectueux de l'environnement sera remboursé aux candidats lors des élections françaises du printemps prochain. Il concerne à la fois les affiches officielles et les professions de foi des candidats et prévaut tant pour le scrutin présidentiel que pour les élections législatives.
Les candidats peuvent continuer de choisir le type de papier qu'ils utiliseront pour leur campagne mais le remboursement de leurs frais d'impression ne sera établi que sur présentation de pièces justificatives démontrant que le papier utilisé contient au moins 50% de fibres recyclées ou a été fabriqué à partir de bois de forêts gérées de façon durable.
10.000 tonnes de papier devraient être consommées pour les deux rendez-vous électoraux de 2007, soit l'équivalent de 200.000 arbres.
Par ailleurs, les 270 millions d'enveloppes - destinées à contenir la propagande puis les bulletins de vote - commandées par le ministère de l'Intérieur seront conçues avec du papier 100% recyclé.
Moi j'ai toujours trouvé ridicule de nous envoyer à la maison les bulletins de vote alors qu'ils sont disponibles dans les bureaux de vote avant le passage à l'isoloir (on peut alors en prendre seulement 3 ou 4 et non pas ceux de la totalité des candidats). Est-ce que ça ne pourrait pas changer ?
Le prince Charles décoré
Le prince Charles et son épouse Camilla se sont rendus aux Etats-Unis la fin de semaine dernière pour un court séjour pendant lequel le prince devait recevoir une distinction en matière d'environnement. Le ministre britannique de l'environnement a émis ses réserves sur ce voyage et des mouvements écologistes ont suggéré au prince d'utiliser une liaison vidéo au lieu de se déplacer. Celui-ci s'est contenté d'annuler ses vacances de ski en Suisse afin de réduire le nombre de ses déplacements en avion - et par là même ses émissions de CO2 - et c'est sur un vol régulier que le couple princier est venu en Amérique.

En plus de visiter plusieurs monuments historiques états-uniens, de rencontrer des étudiants et des peintres urbains, d'assister au 150e anniversaire de l'académie de musique de Philadelphie, Charles et Camilla se sont rendus à New York où le prince héritier de la couronne britannique s'est vu remettre le Global Environmental Citizen Award des mains de l'ancien vice-président démocrate des Etats-Unis Al Gore et de l'actrice Meryl Streep. A cette occasion, le prince a prononcé un discours dans lequel il a insisté sur le fait que le monde entier attendait des Etats-Unis une position de meneur et que le gouvernement devait inciter à la lutte contre le réchauffement climatique. (lien)
Pour information, le bilan de ses émissions de CO2 devrait figurer dans le rapport annuel sur les comptes du prince, document qui fixera également des objectifs en matière de réduction desdites émissions.
Salon de l'auto
Le Salon de l'auto de Montréal, qui s'est ouvert la semaine passée au Palais des
congrès de Montréal, montre que les constructeurs de partout sur la planète
continuent, sauf de notables exceptions, à faire toujours plus gros et
plus puissant tout en tentant de récupérer le discours
environnementaliste, qui prend de plus en plus l'allure d'un alibi de
marketing. «Quand je me promène au Salon de l'auto, je vois une
exposition de grosses voitures nord-américaines et de modèles étrangers
pour la plupart conçus pour offrir plus de puissance. C'est
fondamentalement, par ailleurs, un salon de vendeurs et de
consommateurs et non un vrai salon de constructeurs qui cherchent par
des conférences, par la présence de leurs ingénieurs et experts, à
démontrer leurs avancées technologiques.
On y vante plutôt les nouveaux sièges, les consoles, les nouveaux
styles, les couleurs et... la puissance. Le discours vert, qui se
concentre sur les hybrides et les nouvelles technologies comme les
piles à combustibles, a finalement très peu d'impact sur le public
visiteur, faute de véritable politique d'information. Un certain nombre
de nouveaux véhicules plus écologiques sont là, c'est vrai. Pas tous,
mais souvent fermés et souvent laissés là, sans le moindre spécialiste
capable de répondre aux questions. On n'en fait vraiment pas la mise en
valeur.»
Celui qui s'exprimait ainsi s'y connaît pourtant en technologies
vertes: Pierre Lavallée dirige depuis des années le Centre
d'expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ). Cet
organisme de réputation internationale tente même de faire du nord de
Montréal une sorte de Silicone Valley de la motorisation verte avec une
masse critique de chercheurs, d'usineurs et d'assembleurs qui
permettraient aux plus petits de ne pas avoir à réinventer la roue lors
de la mise au point du moindre prototype.
Si Pierre Lavallée porte un jugement sévère sur l'industrie
automobile et sa récupération, sans portée véritable, du discours
environnementaliste, il est plus conciliant à l'endroit des efforts des
organisateurs du Salon de l'auto Montréal, qui travaillent
d'arrache-pied, dit-il, pour spécialiser ce rendez-vous annuel dans les
technologies vertes et inciter les constructeurs à mettre leurs percées
technologiques en valeur.
Mais c'est Detroit et non Montréal qui a présenté le prototype de la
Volt de GM, son hybride des prochaines années, basée sur le principe de
gestion énergétique préconisé par l'inventeur québécois du moteur-roue,
Pierre Couture. Il n'y avait même pas une photo de cet étonnant
prototype dans la section «En route pour l'avenir» ou à la «Halte
verte» du salon. Pourtant, la Volt, contrairement aux hybrides actuels,
mise sur une motorisation mécanique assistée par l'électricité. C'est
d'ailleurs le mode de fonctionnement de tous les trains dits diesels,
qui sont propulsés par des moteurs électriques rechargés par de
puissants moteurs diesels qui actionnent des alternateurs. La Volt
pourra se recharger à la borne, si on a le temps, ou à l'aide d'une
génératrice d'appoint installée à bord. Dans le cas de cette voiture,
on utilise cependant un moteur électrique central pour propulser les
roues alors que Pierre Couture préconisait des moteurs électriques
installés à l'intérieur des roues.
Article tiré du site "Le Devoir"
